La Mort d'Ophélie

Adapted from Shakespeare by Ernest Legouvé

Auprès d’un torrent Ophélie
Cueillait tout en suivant le bord,
Dans sa douce et tendre folie,
Des pervenches, des boutons d’or.
Des iris aux couleurs d’opale
Et de ces fleurs d’un rose pâle
Qu’on appelle les doigts de mort.

Puis, élevant de ses mains blanches
Les riants trésors du matin,
Elle les suspendait aux branches,
Aux branches d’un saule voisin.
Mais trop faible le rameau plie
Se brise et la pauvre Ophélie
Tombe, sa guirlande à la main.

Quelques instants sa robe enflée
La tint encor sur le courant,
Et comme une voile gonflée,
Elle flottait, toujours chantant,
Chantant quelque vieille ballade,
Chantant ainsi qu’une naiade
Née au milieu de ce torrent.

Mais cette étrange mélodie
Passa, rapidement comme un son.
Par les flots la robe alourdie
Bientôt dans l’abîme profond
Entraina la pauvre insensée,
Laissant à peine commencée
Sa mélodieuse chanson.
Ah!Ah! etc.

Page 1 of La Mort dÓphélie

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